Mercredi 11 novembre 2009
Un homme accidentel - Présentation trouvée sur le site de l'auteur
Présentation
 


D’abord il y a les fidélités Besson : le paysage de l’Amérique aimée et décryptée ; une société en décalage que l’on imagine prête à juger promptement… trop promptement ! Le sens du drame et de l’air – léger, si léger !- qui embaume des parfums de mort. L’écriture acérée, ramassée, à la première personne très singulière ; le journal de bord où « après » et « pendant » s’expliquent et s’arriment ; les fractures – évidemment - comme des lignes de vie, des lieux d’audace, des flux d’hormones. Et les fulgurances comme la Passion, celle de l’amour qui pousse, comme une évidence, deux êtres à se consumer.

« Pour tout dire, je menais une existence tranquille. J’ai attendu d’avoir trente ans pour que la foudre me tombe dessus. Vu ce qui s’est passé par la suite, on pourrait que je regrette cette tranquillité, le calme plat d’avant la tempête. On se tromperait. Pour sûr, je n’étais pas taillé pour les turbulences mais aujourd’hui, je me mettrais à genoux et j’implorerais d’être foudroyé à nouveau » 

La Passion : celle dont on vit et dont on pâtit : deux hommes en l’occurrence que rien ni personne ne destinaient à s’aimer. Totalement, torridement et absolument. Comme une évidence. Et ce n’est pas un roman sur l’homosexualité, mais un roman sur l’inéluctable force d’aimer. C’est l’élégance de Thomas Mann au pays de Brokeback Moutain… 

« Pour sûr, à plusieurs reprises, j’ai eu la possibilité de m’en sortir et je ne l’ai jamais saisie. J’aurais pu m’en tirer, c’est évident, et je ne l’ai pas fait. Donc les dégâts, à la fin, je ne les dois qu’à moi. Seulement voilà, on ne lâche pas la main du type qui s’enfonce dans les sables mouvants. On tente de le dégager, au risque d’être englouti soi-même. Et puis, aussi, quelquefois les sables mouvants exercent une telle fascination qu’on ne leur résiste pas ».


Deux être que tout sépare se trouvent brutalement réunis par la mort d’un inconnu. Aussitôt, entre ces deux-là, surgit, sans qu’ils s’y attendent et sans qu’ils puissent s’y opposer, un sentiment violent. Un sentiment qui va les arracher à la solitude et au mensonge.

« A l’instant précis de notre rencontre, je veux dire : lorsqu’il a été là, devant moi, dans le matin du monde, avec sa beauté fracassante et ensommeillée, et son air de survivant, il ne s’est produit aucun déclic, je le jure. Il est tentant, je suppose, d’imaginer que tout s’est joué en une fraction de seconde, que tout a basculé sur un premier regard, ou sur une poignée de main, mais non […] Moi, je m’en tiens à la vérité, elle n’a pas besoin de surenchère. »

Parce que c’était lui, parce que c’était moi. 
La Forza del destino ! Celle, tragique, qui fait que ce pourquoi l’on vit est ce pourquoi l’on meurt. Aussi !

« J’ai laissé ma main dans la sienne, commis cette erreur fatale. Oui, à cette seconde, c’est certain, j’ai signé mon arrêt de mort. Si j’avais eu le réflexe de la retirer, ma main, si j’avais refusé l’étrange solennité et l’étrange tendresse de sa demande, nous en serions probablement restés là. Car la magie aurait été instantanément brisée. Le dialogue sans paroles aurait été rompu. Mais les choses ne se sont pas passées ainsi.
Je ne me suis pas soustrait à son désir. »

Insondable force de deux êtres qui s’aiment et s’aimantent, jusqu’à l’extrême. Il y a tout de ce qui fait battre les cœurs ; la fidélité, aussi, et le manque, surtout ! Sublime….

«  Les jours où j’ai vraiment mal, je vais jusqu’à ouvrir le tiroir de la commode où sont entassées des photos de Jack. Je les feuillette jusqu’à la nausée. D’abord, je les trouve fausses. Je veux dire : elles ont immobilisé quelque chose de lui qui n’était pas lui, elles sont une imposture. Et puis, je suis content d’être un de seuls en mesure de détecter cette imposture, de connaître la vérité derrière la mystification. Je scrute les clichés et je me rappelle l’affolement parfois de son regard, le frémissement de ses narines, la légère ouverture de ses lèvres, le battement de la veine à son cou, le rebond de sa pomme d’Adam, la rondeur de ses épaules, l’étreinte de ses bras. Les photos ne captent pas cela, elles le suggèrent de temps en temps, il leur manque l’épaisseur, la sensualité. Je referme le tiroir d’un coup sec. J’enfile un jean et un tee-shirt sans prendre la peine de me doucher. Je vais courir sur les montagnes russes de Venice Beach. »

Il faut y suivre cet « Homme accidentel ». On n’en revient pas intact. Mais le feu qui s’allume en nous a, alors, le goût des soleils ardents.

Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009
De mon enfance et adolescence, je garde du 11 novembre une image très nette. C'était le Nord, il y avait immanquablement du brouillard, il faisait froid. Mes parents restaient à la maison, on mangeait des choses d'hiver, on allait se promener dans la forêt toute proche, c'était beau, tout cet or entre les rayons de brume. Le chien courait après les marrons qu'on lançait entre les feuilles mortes, la truffe enfouie dans l'humus qui odorait.
On rentrait, je faisais mes devoirs, consciencieusement, on s'ennuyait un peu, mon père regardait la télé, ma mère finissait une robe, pour elle ou pour moi. Si c'était pour moi, j'avais droit à des essayages, je me dandinais et ma mère, des épingles dans la bouche, répétait:
"Vas-tu te tenir tranquille une minute, tu vois bien que je dois corriger l'arrondi! Cette gamine!" 
Mon père regardait la scène en silence, souriant à cette image familière: sa fille de vif-argent et sa femme perdue dans la création de tissus flous, de choses très féminines le plus souvent...
Puis on allumait la cheminée et on mettait des châtaignes dans les cendres, ou des pommes de terre dans du papier alu, qui brûlait ensuite un peu les mains... ça sentait l'automne, on allait tôt fermer la barrière, personne ne viendrait plus nous rendre visite à cette heure et par ce temps:
"Brrr" faisait mon père en rentrant de l'humide, les cheveux éclaboussés de nuit tombée. On épluchait les châtaignes avec des mines gourmandes, on avait les ongles noirs de suie. Parfois, puisque c'était le Nord , ma mère faisait des gaufres, on ouvrait une bouteille de cidre et il y avait toujours alors quelques voisins ou des amis, on entendait les rires de la rue, à travers les fenêtres floutées de respirations. On sortait les confitures de mûres faites en septembre, de reines-claudes, de groseilles (mais elles étaient plus rares), on étalait la cassonade ou le miel entre les formats géométriques identiques.Moi je les mangeais sans rien,carré par carré méthodiquement; quand je voulais en reprendre, il n'y en avait plus; les autres enfants étaient plus rapides et plus voraces...
Ma mère haussait les épaules devant mon air penaud:
"Je t'en referai!Pour une fois que tu aimes quelque chose..."
Le soir finissait par tomber vraiment, les assiettes s'égouttaient, le chien dans son panier léchait ses pattes pleines d'épines, le film de 20H30 commençait, juste après les informations. Moi, je finissais de repasser mes leçons, je lisais un livre dans ma chambre, j'entendais mes parents parler du quotidien...
"Dominique, tu as préparé le bois pour demain?... C'est bien un férié de temps en temps..."
Aujourd"hui on veut faire travailler les gens le dimanche et les jours fériés, comme si on avait besoin justement ce jour-là de victuailles ou d'après-shampooing, urgemment...

Je vais paraître affreusement rétrograde mais je suis contre ces magasins ouverts, le dimanche, c'est le jour où on a un peu le temps, le jour des rites, des retrouvailles, non qu'on soit obligé de faire tout ensemble mais... enfin, je dois avoir de la famille une image surannée, dépassée.
C'est peut-être simplement la nostalgie de l'enfance, des moments ronds, faciles.
J'ai eu la chance de vivre entourée de paix, de sorties fréquentes, de soirées amicales et de beaucoup de bonne humeur; je crois que chez moi, on était heureux, tout simplement. 
Le 11 novembre a changé, je suis sur une terrasse au soleil, il fait doux, je regarde la mer.
Ce passé-là est mort... "avec le temps va tout s'en va" comme chante un certain... les empreintes sur les chemins des Etangs des Moines restent dans mon coeur comme des sculptures d'acier, inoxydables.
Je ne suis pas triste, je suis contente d'avoir vécu ce bonheur-là, ouvrier, tranquille. Je feuillète l'album mental, le soleil sur le bras, appuyé.. je souris.
Tout est perdu, tout est vivant, il suffit de poser sa feuille devant soi, de laisser tomber les images, elles reviennent, fidèles, apaisantes.
Le 11 novembre, en France, c'est férié.
 
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009

 TRATTO DA LE DONNE IN RINASCITA DI B  DIEGO CUGIA (ALIAS JACK FOLLA)


 Più dei tramonti, più del volo di un uccello, la cosa meravigliosa in
 assoluto è una donna in rinascita.

 Quando si rimette in piedi dopo la catastrofe, dopo la caduta.
 Che uno dice: è finita.
 No, non è mai finita per una donna.
 Una donna si rialza sempre, anche quando non ci crede, anche se non vuole.

 Non parlo solo dei dolori immensi, di quelle ferite da mina anti-uomo che
 ti fa la morte o la malattia.

 Parlo di te, che questo periodo non finisce più, che ti stai giocando
 l'esistenza in un lavoro difficile, che ogni mattina è un esame, peggio
 che a scuola.
 Te, implacabile arbitro di te stessa, che da come il tuo capo ti guarderà
 deciderai se sei all'altezza o se ti devi condannare.
 Così ogni giorno, e questo noviziato non finisce mai.
 E sei tu che lo fai durare.

 Oppure parlo di te, che hai paura anche solo di dormirci, con un uomo; che
 sei terrorizzata che una storia ti tolga l'aria, che non flirti con
 nessuno perché hai il terrore che qualcuno s'infiltri nella tua vita.
 Peggio: se ci rimani presa in mezzo tu, poi soffri come un cane.
 Sei stanca: c'è sempre qualcuno con cui ti devi giustificare, che ti vuole
 cambiare, o che devi cambiare tu per tenertelo stretto.
 Così ti stai coltivando la solitudine dentro casa.
 Eppure te la racconti, te lo dici anche quando parli con le altre: "Io sto
 bene così. Sto bene così, sto meglio così".
 E il cielo si abbassa di un altro palmo.

 Oppure con quel ragazzo ci sei andata a vivere, ci hai abitato Natali e
 Pasqua.
 In quell'uomo ci hai buttato dentro l'anima ed è passato tanto tempo, e ne
 hai buttata talmente tanta di anima, che un giorno cominci a cercarti
 dentro lo specchio perché non sai più chi sei diventata.
 Comunque sia andata, ora sei qui e so che c'è stato un momento che hai
 guardato giù e avevi i piedi nel cemento.
 Dovunque fossi, ci stavi stretta: nella tua storia, nel tuo lavoro, nella
 tua solitudine.
 Ed è stata crisi, e hai pianto.

 Dio quanto piangete!
 Avete una sorgente d'acqua nello stomaco.
 Hai pianto mentre camminavi in una strada affollata, alla fermata della
 metro, sul motorino.
 Così, improvvisamente. Non potevi trattenerlo.
 E quella notte che hai preso la macchina e hai guidato per ore, perché
 l'aria buia ti asciugasse le guance?

 E poi hai scavato, hai parlato, quanto parlate, ragazze!
 Lacrime e parole. Per capire, per tirare fuori una radice lunga sei metri
 che dia un senso al tuo dolore.
 "Perché faccio così? Com'è che ripeto sempre lo stesso schema? Sono forse
 pazza?"
 Se lo sono chiesto tutte.
 E allora vai giù con la ruspa dentro alla tua storia, a due, a quattro
 mani, e saltano fuori migliaia di tasselli. Un puzzle inestricabile.


 Ecco, è qui che inizia tutto. Non lo sapevi?
 E' da quel grande fegato che ti ci vuole per guardarti così, scomposta in
 mille coriandoli, che ricomincerai.
 Perché una donna ricomincia comunque, ha dentro un istinto che la
 trascinerà sempre avanti.
 Ti servirà una strategia, dovrai inventarti una nuova forma per la tua
 nuova te.
 Perché ti è toccato di conoscerti di nuovo, di presentarti a te stessa.
 Non puoi più essere quella di prima. Prima della ruspa.

 Non ti entusiasma? Ti avvincerà lentamente.
 Innamorarsi di nuovo di se stessi, o farlo per la prima volta, è come un
 diesel.
 Parte piano, bisogna insistere.
 Ma quando va, va in corsa.
 E' un'avventura, ricostruire se stesse.
 La più grande.
 Non importa da dove cominci, se dalla casa, dal colore delle tende o dal
 taglio di capelli.

 Vi ho sempre adorato, donne in rinascita, per questo meraviglioso modo di
 gridare al mondo "sono nuova" con una gonna a fiori o con un fresco
 ricciolo biondo.
 Perché tutti devono capire e vedere: "Attenti: il cantiere è aperto,
 stiamo lavorando anche per voi. Ma soprattutto per noi stesse".

 Più delle albe, più del sole, una donna in rinascita è la più grande
 meraviglia.
 Per chi la incontra e per se stessa.
 È la primavera a novembre.
 Quando meno te l'aspetti...



Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009

Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 11 novembre 2009
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 10 novembre 2009
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 10 novembre 2009
Tout le monde en parle et moi je compte y aller, au printemps peut-être! et puis on raconte cette magnifique aventure tellement bien, de façon imagée et concernée.
Je n'ai rien de plus à ajouter , la joie d'un peuple libéré, la métamorphose. La Réunification. Si vous avez des témoignages, des liens surprenants, indiquez-les moi, ce sera un plaisir de réagir.
SOphie, elle, y est en direct, c'est à suivre attentivement...

    
http://juste-une-envie.over-blog.fr/
 
Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Lundi 9 novembre 2009
CIRCULADES



     Proche est le terme. À tes côtés, la nuit des marécages guettant, arrachant du visage soupçonné la clé des bans, l'enclos piétiné, les crinières baies, l'ombre des lances, les pas multipliés... 

     Gauche, oscillante fumée où nous goûtons la durée pliée à l'état pur, ce qu'on appellera bonheur plus tard, avant de tâtonner dans l'encre de seiche, de toucher aux brouillards, de se forger des attitudes... 

     Ô brèche ouverte dans tes remparts, devinant et colmatant celles de l'oubli, elle qu'on ne parachève qu'une fois, poreuse aux complots, précieusement précaire, scellant les confins que tu guettas, pétrifiés en une seule béatitude...

     Guet à peine, déni, prélude, rangée de tournesols muets, pal, chaleur blanche, puanteur, poussière à chaque pas soulevée... Ce n'est qu'une heure plus tard, ou demain, ou dans un an, à la prochaine saison des pluies ― le temps, ici, ne compte pas ― que viendront s'ébrécher les murmures aux touffes de gentiane ou de genévrier exhalant leurs dorures d'alchimie, trappes ou rejets, miroirs inachevés dans leur germe, mutilés comme dans l'ombre ultime... 

     Ne redouter que cela, l'énigmatique rapport de la créature et du guérisseur, sourde voix mêlée à ses échos, grappes voraces, étrave dernière sur laquelle tu vins courber tes gestes, te resserrant, te figeant avant que la pourriture ne vienne noircir l'air, ternir l'image... 

     Tout, là-haut, t'obscurcit, baies, vides, murs fauves, vieilles empreintes... Plus jamais tu ne regagneras la rive, dans le cliquetis des bracelets et des joncs, à l'aube où les soupirs se taisent de part et d'autre, trêves dilapidées, louves, scribes, empailleurs, funambules, barbiers, charmeurs de rats, apprentis-bourreaux...

     Sur le quai, l'enfant jetant des pierres dans l'eau croupie: elles sautent, claquent, font deux ou trois ricochets avant de disparaître. 
POUR TOUJOURS. 

     Un cri bref, puis le silence, lente couche de poussière couvrant le sentier, les feuilles que chaleur tord. Ça et là, fragments de murs, palissades, troncs, glaisières oubliées de l'heure qui fut, celle qui n'extirpe ni t'omet, poids sevré des choses que le réel enfin efface... 

     Qui te saisit à la gorge ? Qui te cloue au sol ? Qui te poignarde ? N'est-ce pas cela l'avenir, silence coagulé, pénombre cendrée protégée des solitudes et des créances ? 

     Tu flamberas, flétriras, oublieras : les pas, les duels, les fers, les espaliers, les fagots, les prunelles, les terreaux affleurant, le dos effrangé, les galets qu'à chaque reculade tu éboulais avec ce cri séparant tes yeux de l'écume, fucus à jamais démis des liens, heures vouées à l'épine, au ressac, à l'ortie... 

     Vaine parole qui te venge des chronologies, te répand dans la distance, enrichi de la milice des ténèbres, des fournaises qui te frôlent, toi et tes rugissements, tes dagues, tes voltiges... 



André Rougier

Par flo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés